| Une mission prêchée
par Grignion de Montfort durait
soit 4. soit 5 semaines. Elle répondait toujours à une demande du clergé local
ou de l'évêque du lieu. Elle était souvent précédée par un chant d'annonce
"Alerte alerte
alerte La mission est ouverte. Venez-y tous, mes bons amis, Venez
gagner le paradis."
Elle débutait
par une cérémonie d'ouverture au chant du cantique intitulé : "Le réveil-matin
de la mission"(Cantique 115 dans le recueil de cantiques de Montfort).
L'équipe des missionnaires était assez diversifiée
: 4 ou 5 prêtres ou religieux et 2 ou 3 frères laïcs dont le frère Mathurin.
Elle ne logeait pas au presbytère mais dans une maison louée appelée "La
Providence".
En plus des prédications, trois par jour : matin (sermon
précédé et suivi d'une messe), après-midi et soir, la mission suscitait deux temps
forts : la confession générale de toute la vie et la rénovation des promesses
du baptême avec signature du contrat d'Alliance au cours de la dernière semaine.
Le
point de départ des prédications était toujours Dieu, sa Parole et son Service.
Puis venaient les "Grandes Vérités" : salut, mort, jugement, paradis
et enfer. Dans un second temps, apparaissaient les problèmes moraux : vices
et vertus. La troisième partie portait sur les pratiques de la vie chrétienne
: bonnes œuvres, prière, jeûne, communion fréquente, dévotion mariale. Thèmes
entrecoupés d'un sermon sur la Passion.
Sept grandes processions ponctuaient
le cours de la mission : 3 Pour la "communion générale" des
femmes, des hommes et des enfants; les autres pour le service des morts, pour
la rénovation des promesses du baptême, pour la plantation de croix et enfin
pour la distribution des "Noms de Jésus", (il s'agit de morceaux d'étoffe
portant ce saint Nom réservés à ceux qui avaient écouté au moins 33 sermons,
soit à peu près la moitié.) On terminait par une procession de clôture qui servait
parfois d'ouverture à une autre mission. Ces processions ou célébrations étaient
rehaussées par l'utilisation de cantiques appropriés, de mises en scène plus
ou moins spectaculaires illustrant la prédication ainsi que par des images,
des croix et des bannières portées par les fidèles.
Il convient de ne
pas oublier le souci de restaurer les églises, les chapelles et les croix car
"rien n'est trop beau pour Dieu"
Horaire
d'une journée
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A 4h1/2, les missionnaires étaient à l'église pour l'oraison et l'office. Avant
la prédication, ils se mettaient au confessionnal.
A
1 l h, au signal du directeur, ils sortaient de leurs confessionnaux pour l'examen
de conscience suivi du repas pris en silence et au cours duquel se faisait une
lecture édifiante la plupart du temps un pauvre était invité à leur table.
Puis débutait le catéchisme aux enfants et aux pauvres : emploi souvent
réservé au frère Mathurin ou à un missionnaire compétent.
L'après-midi
était coupé par une instruction dialoguée soit entre deux missionnaires, soit
entre un missionnaire et l'assemblée, par demande et réponse, sur les vérités
de la religion. A 17h. les missionnaires revenaient à "la Providence"
pour l'office et le souper. Après le coucher du soleil, avait lieu une heure
de sermon suivi par un cantique que les groupes se renvoyaient en écho sur le
chemin du retour.
Et pour que la mission ne soit pas un feu de paille,
Montfort la prolongeait par la fondation de petites écoles, là où il le pouvait.
Et de même, il instituait des confréries : confréries de Pénitents et de Vierges,
confréries du Rosaire ou des Amis de la Croix.
Telle, dans ses grandes
lignes, se présente la mission montfortaine.
A noter que chacune de ses
missions possède évidemment des caractères particuliers en fonction de la population
et des lieux où elle s'exerce (Cf. Pont-Château, La Rochelle, Poitiers, etc.).

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