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L'éducation des sourds au 19° siecle 
L'éducation des sourds 20me siecle 
L'éducation des sourds-aveugles 
Les etablissements 

 

 Les sourds-aveugles ont très longtemps vécu cachés dans leurs familles, des hôpitaux ou des asiles d'aliénés. Un cachot de plus s'ajoutait ainsi à la triple nuit qui les enfermait : la cécité, la surdité et le mutisme. On les croyait incapables de communiquer. Les deux congrégations montfortaines des sœurs de la Sagesse et des frères de Saint-Gabriel vont prouver le contraire.

 

 

 

 

 

 A la fin du 19e siècle, à Larnay, près de Poitiers, Sr Marguerite se vit confier une enfant de dix ans, sourde, muette et aveugle. Remarquant que l'enfant était très attachée à un couteau de poche, elle le lui enleva. L'enfant se fâcha. La sœur le lui rendit un instant et lui mit les mains l'une sur l'autre, ce qui est le signe abrégé du couteau dans le langage des sourds. L'enfant eut l'idée de refaire le même geste pour indiquer qu'elle voulait son couteau. La sœur avait réussi à déclencher une association entre le signe et le mot, à enseigner donc à son élève le langage des signes. Sr Marguerite transmit à d'autres sœurs ce qu'elle avait découvert à force d'observation, d'intuition et de patience.

      Les frères emboîtent le pas aux sœurs en 1925, dans leur institution de sourds et d'aveugles de Poitiers. Son directeur, le F. Benoît-Labre, accueille cette année-là Bernard Ruez, un enfant de neuf ans, qu'un accident, survenu dix-huit mois auparavant, avait transformé en larve humaine : méningite, mal de Pott, atrophie générale, abolition de l'ouïe, cécité, oubli du langage articulé. Le F. Vandenbussche, puis son successeur, le F. Douillard, obtiendront des résultats surprenants. Bernard, doué d'une intelligence prodigieuse, deviendra un homme d'une vaste culture, capable de lire en braille des traités de philosophie et de théologie, de voyager sans erreur avec ses doigts sur une mappemonde géante en relief, de battre aux échecs n'importe quel adversaire.

      Une trentaine de sourds-aveugles seront accueillis et éduqués à Poitiers. Tous ne deviendront pas des génies comme Bernard Ruez. Mais tous seront libérés de leur prison et parviendront à communiquer avec l'extérieur, soit à l'aide des signes du langage des sourds formés dans la main de l'interlocuteur, soit par le système de lecture des aveugles, les signes étant imprimés en relief à l'aide de six points.

      Parmi les médias qui feront connaître à un large public la sagacité des maîtres et des élèves, on retiendra le livre du colonel Rémy intitulé magnifiquement Les mains revêtues de lumière. Il est largement constitué d’un échange de lettres entre un éducateur de Poitiers, le F. Thomas, et la maman de son élève, Francinet, sourd-muet et aveugle. Avant la sortie du livre, son auteur en avait publié des extraits dans Le Parisien libéré qui avait déclaré n’avoir jamais encore présenté à ses lecteurs de témoignage plus bouleversant.

      Aujourd’hui, les frères s’occupent d’un foyer de sourds-aveugles adultes à La Peyrouse, dans la Dordogne. Ils ont su y créer un milieu de vie qui favorise les relations avec le monde extérieur.  
 

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